Présentation

Bienvenue sur ce site où vous trouverez toutes les informations sur les stages qui présentent la préparation à la naissance et l'accompagnement tels que cela se faisait à la clinique Montaigne de Châteauroux, avec le Dr. Max Ploquin et son équipe, où la maman, le papa certes, mais aussi parfois d'autres membres de la famille participaient aussi à la naissance et s'y préparaient.

Etats Généraux

Suite aux États généraux de la naissance en 2003, le CIANE et les 127 associations d’usagers qu'il représente, a organisé en collaboration avec l’association « Quelle naissance ? - Rencontres de Châteauroux », les ÉTATS GÉNÉRAUX DE LA NAISSANCE en septembre 2006, à Châteauroux, sur le thème : "Quelle naissance demain ? Quels changements souhaitent les usagers ?" Visitez le site !

Article BIOCONTACT - février 2006
INTERVIEW DU DR. MAX PLOQUIN

Nous avons eu la chance de pouvoir demander à ce pionnier de l’accouchement sans douleur son point de vue. Pour lui, les mères veulent accoucher comme elles le « sentent », en relation affective maximum avec leur enfant.
 
Actuellement, les mères n’ont plus le choix de faire naître leur enfant comme elles le souhaitent. En effet, les « protocoles » les obligent à accepter toute une technologie envahissante : perfusion médicamenteuse, déclenchement entraînant automatiquement une péridurale, et parfois atonie utérine, forceps, césarienne, hémorragies de la mère et réanimation de l’enfant… C’est là le « cri d’alarme » du Dr Max Ploquin.
 
- Vous êtes connu des professionnels de la naissance mais moins du grand public. Vous avez créé la Clinique Montaigne dans laquelle vous avez développé d’abord l’accouchement sans douleur, puis l’haptonomie, avec les résultats que l’on connaît : moins de 3 % de césariennes et de péridurales. Par votre intermédiaire, environ 37 000 enfants sont nés en plus de 40 ans !
- Permettez-moi de compléter vos chiffres, cela me semble indispensable. 3 % de césariennes certes avec en regard l’un des taux les plus bas d’Europe de mortalité et morbidité néonatale ! Ajoutez à cela seulement 7 % d’épisiotomies et de déchirures périnéales confondues, alors que par exemple certains hôpitaux d’Alsace atteignaient 90 % d’épisiotomies ! Oui, j’ai créé Montaigne et me suis entouré de toute une équipe de sages-femmes, infirmières, aides-soignantes, dévouées et décidées avec dans l’esprit l’application du label suivant : « Accouchez à Montaigne comme à la maison ! »
 
- Que pensez-vous de l’évolution actuelle de l’obstétrique, des accouchements et des naissances ?
- Je ne me reconnais plus dans cette obstétrique totalement médicalisée, envahie par la technique, complètement déshumanisée, effectuée dans des sortes de supermarchés de la naissance qui ont supplanté les petits hôpitaux et les petites cliniques. Sous prétexte de sécurité, on a inventé des normes avec des protocoles obligatoires qui ont « bloqué » les mamans dans leur lit, avec des systèmes d’investigation, de perfusions, d’enregistrements, doublés souvent (pour des raisons de gestion et d’économies budgétaires, notamment d’« occupation des lits »), de déclenchements intempestifs et de césariennes abusives ! Et je ne m’étends pas sur les hypoxies et les souffrances fœtales dues à des injections médicamenteuses systématiques d’ocytociques synthétiques, ni les taux de mortalité maternelle que l’on risque de voir grimper d’ici peu dans les chiffres officiels.

Toutes les technologies de surveillance augmentent considérablement la peur, l’angoisse des mamans (notamment l’angoisse de la mort, cela a été prouvé scientifiquement) et provoquent ainsi l’accroissement considérable de l’adrénaline, abaissant du même coup la sécrétion de l’ocytocine naturelle : ce qui a pour conséquence de compliquer et de compromettre le déroulement normal de l’accouchement. De plus, et c’est catastrophique, l’abus des péridurales laisse croire encore plus aux mamans qu’elles ne sont pas capables de mettre, par elles-mêmes, leur enfant au monde, ce qui les rend dépendantes de la médecine et des médecins et leur enlève toute autonomie et toute confiance en elles.
 
- Au cours de votre périple, depuis 1951, vous avez côtoyé Fernand Lamaze, Frédéric Leboyer, Michel Odent, Michel Irman, Frans Veldman (haptonomie)… Ils ont leurs principes, quels sont les vôtres ?
- J’ai beaucoup de respect pour les grands esprits que vous venez de me citer, il faudrait d’ailleurs ajouter à cette liste, Bernard This (c’est lui qui m’avait conseillé d’aller me former en haptonomie à Oms (1, note de bas de page), dans les Pyrénées-Orientales, et je lui en sais gré). C’est aussi à Oms que j’ai connu Catherine Dolto, Juliette Planckaert et bien d’autres J’acquiesce d’une manière générale à leurs travaux, cependant j’ai avec eux quelques différences.

Pour moi, les mamans ont tout ce qu’il faut pour accoucher parfaitement et… sans douleur. Ensuite, c’est l’enfant qui naît : il connaît son chemin vers l’air libre… il faut l’accompagner mais surtout pas le perturber par des médications de toutes sortes, par un excès d’intervention, de surveillance, de touchers vaginaux, d’ultra-technologie : c’est lui, en interaction avec sa mère, qui déclenche l’accouchement, et stimule entre autres la maturité de ses poumons, etc.

Certes, il faut tout faire pour favoriser « les retrouvailles de la mère » avec ses racines ancestrales, voire archéologiques, ses réactions primales (salle de naissance simple, comme à la maison, chaleur relativement importante, lumière très douce (presque la pénombre), pas d’odeurs « chimiques » pour bébé et sa mère, etc.).

Mais, justement pour moi, il faut que la mère se sépare de ce que la civilisation a fait peser sur son destin (culpabilisation féminine forcenée à travers la préhistoire des sociétés et l’histoire des femmes… jusqu’à nos jours), erreurs tragiques d’interprétation des « prédictions » des prophètes : le fameux « tu enfanteras dans la douleur » qui a fait tant de mal aux femmes pendant des siècles, les racontars « trois jours et trois nuits à souffrir », « les cinq cordons autour du cou », etc. C’est un véritable complot contre les femmes qui fait que la contraction utérine devient, sans que l’on s’en rende compte, la douleur ! Pour se séparer de tout cela, la femme doit « préparer son accouchement » ; elle ne peut se payer le luxe d’attendre sans rien faire, en « attendant Godot », car la douleur des contractions utérines, vécue dans ce conditionnement social insidieux mais épouvantable, est telle qu’elle ne peut y résister et réclame, on la comprend, la péridurale !

L’outil que l’on peut demander au « cerveau-concentration » (par opposition au « cerveau-émotion ») peut être le souffle, la respiration, un langage qui démystifie, qui refuse les préjugés, qui « déconditionne » : cela permet de contourner la perception de la douleur et d’éviter la péridurale. Ce qui ne nous empêchera pas de faire appel à tout ce qui facilite la naissance dans le registre « instinctif, et primal » : l’eau par exemple. Chez nous, à Montaigne, nombreuses étaient les mamans qui décidaient, elles-mêmes, à un moment de passer un certain temps dans notre grande baignoire, voire même d’y terminer leur accouchement !

En plus « l’écoute » de la maman a pris une grande valeur à Montaigne, car on le sait, la régression joue un rôle fondamental dans la grossesse et l’accouchement : on peut revenir en arrière dans le passé jusqu’à sa propre naissance et ainsi élucider puis rejeter nombre de problèmes encombrants accumulés dans notre enfance : les actes manqués, la maman qui oublie l’heure de son train, son rendez-vous, les lapsus, les gestes incontrôlés ou les mains qui laissent tomber les objets, les rêves, rêveries et cauchemars des femmes enceintes, tout cela bien sûr ne doit pas être négligé… Cette prise en compte de la régression, à côté de notre préparation elle-même, (qui met en valeur l’affectif), marque entre autres notre différence et nous permet d’obtenir les résultats que l’on connaît et… le sourire des mamans en accouchant.
 
- Comment faites-vous pour transmettre votre expérience ?
- Quand j’étais médecin de campagne dans le petit village du Berry de Saint-Denis-de-Jouhet, j’étais sûr que les mamans avaient, en elles-mêmes, tous les moyens pour bien accoucher, parfaitement sans douleur, à condition qu’elles aient confiance en elles, ainsi qu’en leur entourage et qu’elles puissent retrouver, si besoin rapidement, leurs racines. Pour cela, il leur fallait une bonne préparation, un bon accompagnement et un « environnement favorable ». La préparation, nous la faisions le dimanche matin, en regroupant les futures mamans et leurs mères qui sortaient de la messe et leurs maris qui sortaient du bistrot.

Nous avions de nombreux accouchements, souvent en même temps. Parfois, nous n’arrivions dans une famille qu’une heure ou deux, voire plus, après l’appel. Et nous trouvions alors sur place deux ou trois voisines des hameaux environnants qui s’impliquaient dans l’accompagnement de leur amie (c’étaient en fait les premières doulas). Elles avaient, elles-mêmes, peu de temps avant, vécu un accouchement sans douleur préparé avec nous. Tout le village était impliqué : mamans, grands-parents, notables (notaire, pharmacien, vétérinaire et même le curé de la paroisse !). Mieux, dans le village, nous fîmes une « Fête de la naissance et de l’accouchement sans douleur », qui s’est conclue d’ailleurs par un film « Tu n’enfanteras plus dans la douleur ». Ce film me sert toujours à illustrer mes cours. Quand je me suis installé à Châteauroux, j’ai essayé de reproduire cela dans mes préparations et mes accompagnements à la naissance.

Actuellement, j’organise des stages de présentation, de préparation et d’accompagnement à la naissance comme on le faisait à Montaigne et j’y implique tous les partenaires et acteurs de la naissance : confrères, consœurs, sages-femmes, doulas, femmes enceintes, mais aussi naturopathes. J’avais depuis longtemps considéré que les naturopathes connaissaient mieux que quiconque l’hygiène alimentaire, particulièrement pour la femme enceinte. Mes relations fraternelles passées, avec Pierre-Valentin Marchesseau et certains naturopathes actuels de valeur (Alain Rousseau, Daniel Kieffer, Philippe Dargère, Christian Brun, certains membres du Centre de naturopathie rénovée de Rochefort, et d’Euronature) m’ont conforté dans l’idée qu’ils pourraient être fort utiles aux femmes enceintes.

La préparation joue dans l’immédiat un rôle très important pour l’attachement réciproque de la maman et de son bébé et assure pour l’avenir une vraie autonomie de l’enfant en même temps que le développement de sa relation affective et de sa sensibilité… ouverture au développement intellectuel et à l’épanouissement de l’enfant !
 
- Selon vous, quel est le rôle du papa ?
- Dans les temps préhistoriques, l’homme devait assurer la protection de la mère contre les prédateurs ; il doit maintenant faire respecter les souhaits de son épouse, son projet de naissance au sein d’un circuit médical invasif ! Il a aussi le rôle de soutien, d’accompagnateur privilégié de sa compagne, d’un être aimant et discret, qui pourra aider son épouse dans les positions qu’elle sera appelée à prendre. Et puis, il est celui qui apprend à connaître et à bercer son bébé à travers le giron de la mère, qui aura à l’accueillir sur sa main quand il va naître en respectant sa « base », à lui apporter aussi une confirmation existentielle affective, à lui souhaiter la bienvenue, en lui affirmant ainsi qu’il était déjà connu et aimé bien avant d’être né (comme le dit Frans Veldman). Le rôle du père, c’est tout cela et bien autres choses ! Pour un père, la naissance de bébé, c’est aussi un jour inoubliable !
 
- Vous avez beaucoup milité en faveur d’une naissance respectée, avez-vous une idée de ce que sera la naissance demain ?
- Votre question m’intéresse car c’est de cela que nous discuterons justement, à Châteauroux, en septembre prochain, dans un colloque qui sera une suite aux Etats Généraux de la Naissance. Celui-ci rassemblera justement tous les acteurs et partenaires de la naissance et peut-être aussi un certain nombre de politiques et de journalistes pour en extraire quelque chose de concret, pour l’avenir de la naissance. Déjà le Ciane (organisation qui regroupe 80 associations) a amené beaucoup d’espoirs aux usagers en appuyant le « projet de naissance » des mamans et surtout en faisant basculer, favorablement, le rejet des épisiotomies. Tout converge actuellement pour que soit discuté tout ce qui peut améliorer le sort des femmes enceintes, des mamans, des bébés et leur apporter du bonheur. Ce bonheur, on le lit bien dans les sourires des mères de nos films de Montaigne, dont plusieurs ont été sélectionnés pour l’exposition sur la naissance qui se tient actuellement à Paris, au Musée de l’Homme (au Trocadéro) : c’est le reflet du travail de l’équipe de Montaigne et nous en sommes fiers !
 
Propos recueillis par Pierre Desjardins.
  
1. Centre international de recherche et de développement de l’haptonomie, Frans Veldman, Mas del Auro, 66400 Oms. L’haptonomie est la science du toucher affectif, dans le respect total de l’autre. Voir aussi www.haptonomie.org

blog paranormal sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus